La Filiale, de Sergueï Dovlatov. Ed. La Baconnière

La Filiale

Sergueï Dovlatov
Traduit du russe par
Christine Zeytounian-Beloüs

Editions La Baconnière

«L’émigration était quelque chose comme “la filiale de la Russie future”», ce constat ironique, le narrateur le fait lors du congrès de dissidents sur l’avenir de la Russie qui se tient en Californie. La Russie est alors encore soviétique et beaucoup d’émigrés pensent non seulement représenter l’avenir du pays mais nourrissent également le secret espoir d’être l’avenir du monde occidental. Envoyé par la radio Troisième vague, qui émet en russe depuis New York, le narrateur dissèque avec un humour décapant la réalité absurde de ce symposium.

La Filiale met en scène Dalmatov, l’alter ego de Dovlatov, journaliste qui doit rendre compte de l’événement et va se confronter au désespoir tragicomique de cette diaspora russe; ainsi qu’à une apparition: son premier grand amour, la fatale Tassia. La Filiale est d’abord un grand roman sur l’amour, où le narrateur se laisse porter par ses souvenirs. Ceux de l’humiliation et du doute, des transports et des joies.

Dans les récits de Dovlatov, l’autobiographie se conjugue à l’autodérision, à travers anecdotes et réflexions. La Filiale, à ce titre, demeure le récit le plus intime de l’auteur en mettant en scène sa première femme, Anastasia Meleshko.

L’auteur
Serguei Dovlatov (1941-1990) est né dans l’Est de la Russie à Ufa où sa famille avait été évacuée au début de la Deuxième Guerre mondiale. Ses parents étaient issus du milieu théâtral de Leningrad, ville qu’ils réintégrèrent en 1944. Journaliste pour des journaux de province, il se fait régulièrement renvoyer pour indiscipline. Il ne sera jamais publié de son vivant en Union Soviétique, ses écrits y sont taxés d’«idéologiquement hostiles». Il émigre aux États-Unis en 1978, à l’âge de 37 ans, où ses écrits sont enfin publiés.
Nous avons publié en 2017 son récit  Le journal invisible – Le livre invisible.