L’enfant lézard (Zoé)

Vincenzo Todisco.

Traduit de l’allemand par Benjamin Pécoud

Editions Zoé

Dans le pays d’accueil, il est d’abord un enfant qui n’a pas le droit d’être. Il vit caché sous le buffet, dans l’armoire ou au fond du cagibi. Les heures passent, les jours, les mois, l’enfant se métamorphose progressivement en lézard et se faufile dans la cage d’escalier. Bientôt il se glisse dans les appartements et le petit immeuble décati se mue en une galerie de portraits : il y a le couple de concierges, leur caniche noir et le Padrone qui d’une voix tonitruante impose sa loi ; mais aussi le vieux professeur, la violoniste qui perd doucement la tête, le gros Carlos. Et Emmy, bien sûr, la jeune voisine complice, qui finit par se sentir à l’étroit dans l’imaginaire de l’enfant lézard.

Par sa langue simple et précise, qui observe sans juger, ce roman saisit l’esprit d’une époque, les années 1960-1970, dans un milieu ouvrier marqué par la dureté des politiques migratoires. « Nous avions appelé des bras, ce sont des hommes qui sont venus », disait Max Frisch. 

Vincenzo Todisco est né en 1964 dans une famille d’immigrés italiens, à Stans, en Suisse allemande. Après des études de langue et de littérature françaises et italiennes, il vit aujourd’hui près de Coire où il enseigne et se consacre à l’écriture. Après plusieurs livres en italien, il a écrit L’Enfant lézard en allemand, sa « langue de tête ». C’est son premier roman traduit en français.